Eclats de vers : Litera : Duos

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Table des matières

1 Lune pourpre

Vinie / Chimay

Le beau matou luisant qui jouait des épaules
Roulant de ses yeux ronds comme on guette une proie
Les dents flambant d’envie, à dévorer les pôles
Ses babines léchant songe à dîner en roi

C’est une faim en soie, l'éveil d’un nouveau sens,
L’envol du fauve en cage étourdi par l’aurore
Qui rejoint d’un seul bond la vive argente et or,
Et s'écrase souvent, et toujours recommence

Quand l’appétit du jeu soumet cette insatiable
La secrète, profonde et féline nature
Impose sa langueur, griffant sa signature
Sur la chair de ses peurs soupire l'âme en diable

Sauvagine traquée, prédatrice en sueur
Qui s’enfuit lentement en semant les indices,
Elle sent sa présence invisible et complice,
Devine dans la nuit sa fièvre, sa fureur

Alors que deux instincts entrent en concurrence
En l’esprit de chacun, le trouble gagne alors
Se livrer en patûre ou décharner ce corps
Etre proie ou chasseur, la rencontre ou l’errance

Et c’est la patte armée de cette ambiguité
Qu’ils ruèrent enfin, gueule ouverte, écumante,
L’un sur l’autre et sans lin pour mieux dresser l’attente
Toute rouge de rage et de pleurs alternés

De ses crocs lacérés à ses veines cruelles,
Il lape sans pitié sa gorge qui se plie
Alors que sur ses flancs, elle arrache sa vie
De l’amour et la mort, c’est l’orgie éternelle

2 Solstice d'un jour éternel

Oulipo-t'au-feu / Chimay

Absolument magnifique, triste et sombre
Enluminé des plus belles aurores boréales
Un coup de vent tragique avale les décombres
Et les Titans sans Dieux retiennent l’idéal

La quiétude trahie par la sourde colère
Déborde en mille peurs de mes cils aveuglés
La paupière est en feu, et, telle une panthère,
S’agite l’ombre éclair de ceux qui seront nés

Les éléments s’accouplent à la Terre violée
Pour créer dans le doute un Idéal perdu
Les larmes des hurleurs s’engouffrent, torturées,
Dans les gorges sans nom d’un espoir qui n’est plus

Les aphones codas résonnent dans les âmes
Avant de se mêler à la rage au chaos
L’arpège se dissout dans l’onde d’une gamme
La fin est un début, le reflet un écho

Où se mire sans tain le futur sans passé
Pour que les nouveaux-nés grandissent en liberté
Qu'éclosent les couleurs bourdonnantes et fluides
Et folâtres du jeune univers apatride

3 Fanatique

Max / Chimay

Je suis un fanatique à la plume rageuse,
Dardant mille papiers de rimes orageuses,
    De larmes, d’amertume,
Valsant sur les débris d’un art prostitué,
Je crache sur les noms qui sont institués
    Au sommet de la rime !

C’est en toi que je meurs, danseuse qui m'élève
Loin des ébats grossiers des suceuses de rêves
    Aux relents de piquette ;
Je laisse à l’art scénique, éphémère et vénal
L'égout dégoulinant des corruptions banales,
    Je reprends l’immortelle.

Je m’offre à la passion, tout entier, tout en pleurs,
Je cherche l’horizon comme il trouvait Harfleur,
    Le dos pesant de doutes,
Quand le soleil se pose en image constante,
Je la donne à mon oeil, cette ombre persistante,
    Que les humains redoutent.

Je couve dans mes mains ta flamme profanée,
Et verse l’eau de vie de leurs larmes d’années
    Sur ta juste fureur
Car qu’importe après tout s’ils méprisent l’essence,
C’est bien cet absolu et lui seul que j’encense,
    Jamais ses parfumeuses.

Mon esprit se confond avec celui des morts,
Purgeant tout son bonheur dans un lac de remords,
    Pour souffrir sans arrêt
Puisque la lourde peine est le seul combustible,
Qui entretient ce feu, zéphyr irréductible,
    Au dessus des marais !

C’est en siégeant parmi ces reliques infectes
Qu’on admire le mieux les processions d’insectes
    Ovinés et médiocres,
Où l’on jouit enfin des laids arts de galet
Qui clament sans en rire : "oui c’est nous les boulets !"
    Emblèmes d’une époque.

Il nous faut vivre à part, chercher un autre asile,
Où nos vers lumineux n’auront pas que l’exil
    Pour seule perspective,
Mais nous retournerons sur chaque sol foulé,
Bottés de plumes d’or pour ainsi défouler,
    Nos mots hors des enclaves !

Tendant nos désaccords, majeurs je le confesse,
Nous regagnons ces lieux épris des neufs déesses
    Où le sceptre est la lyre ;
Fuir loin de l’odieux, fuir les viles infamies,
Vers ces paradis clairs où une nymphe amie
    Sert les vins qui nous grisent !

4 Reine essence

Ambre / Chimay

Je t’aimais, le sais-tu, dans les plaines d'Assouan
Dans les vapeurs migrées de jungles halogènes
Dans les heures saignées à l’opium de nos gènes
Je t’aimais au shilom de ton encre Safran !!

Au coeur de la toundra, dans les déserts glaciaires
Voilés par la fureur de blizzards si épais
Que les flocons flambaient d’un désir incendiaire,
Sous un sorbet de neige et de gel, je t’aimais.

Ton épice en mon sein comme sel aux morsures
Tes margelles d’osier à tes mèches d’iode
Oh combien je prisais d’en lécher les blessures
Pour fumer la frayeur de ton âme en exode !

Combien de sables gris n’avons-nous enivrés
Quand nous étions dauphins échoués dans nos songes …
Combien de cieux cajuns et de langueurs poivrées
A l’heure où dans les ports l’ombre des mâts s’allonge ?

Je t’aimais, le sais-tu, dans les salons antiques,
Dans nos écrits voilés de jeux épistolaires,
Telle George à Alfred, rusant les sémantiques,
Je t’aimais dans les plis des plumes angulaires !

Et si quelques bémols d’une valse musette
Nous laissaient quelquefois l’un de l’autre orphelins,
Nos encriers saignaient le temps d’une grisette,
Tout n'était qu’un prétexte à filer le satin.

Et tes cris et tes pleurs et tes nages indiennes
Refluant les ressacs, à bord d’un Nautil'Us
Emportaient nos écarts, diérèses et hiatus
Sur un radeau moulu de laves obsidiennes

Un volet ajouré comme un château de cartes
Tatouait sur tes reins nos gravures anciennes
Et nous nous retrouvions à l’abri des persiennes,
Hors de jet des clameurs aux silences opaques.

Je t’aimais, le sais-tu, avant notre naissance
Avant que nos deux noms sur les fronts baptismaux
Ne gravent de leur sang les pignons de nos maux !
Je t’aime comme on aime en toute âme et constance !

Je t’aimais, tu le sais, avant qu'Eve eut naissance
Et le sérum en nous précédait le venin,
La réconciliation précédait le chagrin,
Je t’aime comme on aime en toute âme et constance !

5 Vapeurs d'alcool

Amandine / Chimay

À l’ombre de tes yeux surnagent des soleils,
Laisse-moi de ton ciel être l’humble persienne :
J’infiltrerai l’ennui d’un rayon bleu-vermeil,
Réveillant d’arcs-en-cils nos prières anciennes.

As-tu jamais rêvé d’une nuit sans aurore
Où se noient dans l’oubli les désespoirs latents ?
Laissant flotter là-haut les oiseaux qui pérorent,
Nous serions à l’abri de tous leurs ouragans.

Chaque jour notre amour est une turbulence
Vaguement étouffée sous les pages d’un lit.
Y puises-tu le sel d’impétueux silences,
Brillant sans déchirer la voile qui nous lie ?

Même les cris jaloux n’ont ici plus de prise,
Glissant sur les je-nous de nos âmes éprises,
Avant d'être engloutis par l’extase sereine.

Puisqu’il faut succomber au vibrant équilibre,
Au seuil vertigineux des passions éoliennes,
Insufflons la vapeur à nos lèvres de givre.

La lumière est plus belle au prisme des fontaines
Et son sommeil léger flirtant sous les abysses
Rallume sans un bruit le souffle de nos cuisses.

6 Brasero

Vinie / Chimay

Sur la courbe du temps d’un rire bafouée
Que ta langueur éprise en roulements m’enlace
Quand jaillira le vers de la chair dénouée
Il brisera les murs de nos prisons de glace

A tes braises fondue, mon armure de cire
Se mêle en doux bouillons aux effluves musquées
L'étuve suffoquée par le feu du désir
Allume des frissons sur nos peaux déchaînées

J’aspire la vapeur de ton cou qui quémande
Que s’oublient les tabous, que s’infuse un baiser
Et je boirai ta lèvre en morsures gourmandes
Jusqu'à ce que ton coeur haletant soit grisé

De fièvres à soupirs, tant d’envies se confondent
Nos corps en entrelacs s’invitent à dîner
L’emprise de l’inné doucement nous innonde
Eperonnant à vif nos instincts confinés

Réinventons les sens de vibrants sortilèges
En potions d’essentiels, sauvages abandons
Laisse rugir l'écume et dégrafe le piège
Qui bridait la panthère au seuil de l'édredon

Enfin que l’alchimie infinie, extatique
Nous empoigne les reins d’une ivresse éthérée
Pour mieux dompter l’iris dans nos yeux cycloniques
Et noyer la pudeur dans le raz-de-marée

7 Apogée

Flore / Chimay

Je ne souffrirais point si j'étais près de toi
A regarder le temps s'écouler de tes yeux
Et si quelque nuée venait voiler nos cieux
Nous nous envolerions au-dessus de ses draps

Aux sources du soleil nul serpent n’est lové
Juste l’air, l’eau légère, et son cours sinueux
Dont l’accord envoûtant fredonne impétueux
L'élégie assoupie à l’abri du névé

Virtuose serein à libre inspiration
Donne vie à mon ombre étourdie en sommeil
Chante ta peine amie ta harpe est le fleuron
Le buisson prolifique où mûrit la groseille

La fée livra jadis au fond de ton berceau
Cette rose épanouie aux pétales si doux
Qu’ils frôlent mes pensées d’une offrande en ruisseau
Dont l’arpège fleurit ton beau visage flou

J’aspire au violon qui danse avec la lune
Au son habile et clair ivre de tes pupilles
Valsons jusqu'à minuit sous le croissant des dunes
Baignés par la douceur qui naquit aux antilles

Nos plaies se fermeront dans cette onde apaisante
Laissant place à la fièvre où la soie s'éparpille
Et des hauts cils en cieux à la saison quadrille
S'éveillera la joie de l'écho qui nous hante

Si le levant serein partage nos silences
Le carrousel vainqueur prince libre penseur
Voyant l'âme commune ouvrir son champ immense
Enlacera l’audace en tout bien tout bonheur

Puissent nos soupirs d’aise abreuvés de lumière
Fondre comme un glaçon sur une peau brûlante
Fondre comme un faucon dans la moiteur des serres
Fondre … puis rebondir sur la cime éclatante

Eperdus dans le rêve aux flocons cristallins
Nous nous envolerons plus haut que la tempête
Là où rien ne résiste aux éclairs argentins
Où chaque heure ouvre un bal d’une éternelle fête

8 Un billet au guichet de Morphée

Sabaobab / Chimay

De la douceur,
même s’il faut fermer les yeux,
même si les images lacèrent
les paupières,
l’inconscient,
et balai le subconscient…

Laisse moi rêver,
offre moi le manège,
ce rêve, portes ouvertes
sur la galerie d’un songe de bohème,
fantasmagorique,

sans nos fantaisies,
les rêves embrumés,
offre moi les vapeurs,
quand il fait plus chaud,
là haut …
Fantasme agorique …

Sur les monts des méditations,
dans les virages des vallons du zen ,
entre l’encens et l’organza,
entre ciel et terre…

Je tutoierai les anges,
leur demanderai de répandre,
nos envies en toiles d’infini,
la nuit sera nos couvertures,
le firmament sera au bout des doigts
de chaque étoile naîtra une plume,
voltigeant au hasard des courants,
ou flotte les pollens d’une liberté assoiffée,
ou le roseau espère toujours,
toucher le lotus au milieu du ruisseau.

9 Ainsi soient-ils

Amandine / Chimay

Dans l'écrin velouté d’un coffre en acajou
J’ai trouvé l’enivrant parfum de la lavande
Un piment dévorant puis au coeur d’un bijou
Un feu sombre qui couve et une fleur d’amande

J’ai gardé un trésor qui s'était autrefois
Dans un champ au soleil accroché à ma robe
Un épi gorgé d’or, enveloppé de soie
Depuis la volupté des grains d’orge m’enrobe

Quand les vagues du soir jouent dans les plis du blé
La plage aussi flamboie des soupirs qu’elle héberge
Aimes-tu toi aussi d’un zodiaque ensablé
Apaiser les tourments ardents qui te submergent ?

C’est par ton eau suave éclaboussant la rive
Par ta brise légère et ton chant enfiévré
Que la terre empourprée du désir qui ravive
Absorbe ta liqueur pour un plus bel engrais

Ses neiges satinées se fondent en cascade
Sur le lit du printemps qui geint sous l’indécence
Quand son corps se dérobe et quand son coeur s'évade
C’est un billet retour des lentes délivrances

Au coeur de son volcan la braise incandescente
Quitte soudain son nid et jaillit dans les airs
Et la lave brûlante amorce sa descente
A présent libérée s’en va mourir en mer

Ses cheveux sur ses seins entremêlés aux siens
Le tumulte apaisé les berce de vapeurs
Quand soudain un frisson réveille leurs bassins
Ils repartent nager sur leurs peaux en sueur

Ils ont toujours en eux la faim qui les tenaille
La dévorante envie des chaudes gourmandises
Car leur folle passion n’est pas un feu de paille
Plus elle est consommée et plus le feu s’attise

10 Ciel de lit

Ambre / Chimay

Le murmure du songe est une douce bise
Qui souffle vague et floue sur l’ombre de la nuit
Au sommeil reposant sur de frêles banquises
Inlassable il revit les souvenirs enfuis

Le voile est déchiré sur le jour qui rappelle
Silhouettes nacrées aux démarches paisibles
Sur fond d'écran lustré l’opaque se révèle
Déliant les liesses en tourmentes fusibles

Comme une lassitude il traîne son ennui
Il déroule, fardé, sur les paupières closes
Le diaphane et le noir, le silence et le bruit
L’aurore est son écho, sa couleur est le rose

Le murmure du songe est la brise suave
Qui caresse la peau d’une aile diamantée
Au retour bienheureux d’un avion, ou l'épave
D’un train sur le départ, quai des amours blessées

Il chante la chaleur des coussins de tendresse
Les abandons livrés sur des barils d’amour
Fredonne au jade clair l’orphéon des ivresses
Ou les belles saisons d’un billet sans retour

Injure d’un délit à raisonner l’instinct
Dans l’envers du décor au blues d’un goéland
La flamme consommée d’un seul sanglot s'éteint
Au murmure du songe éperdu dans l’instant

Les remords, les regrets, souffrances de l’après
Sonnent à cinq cents lieues en graines diluviennes
La pluie qui clapote en claquant sur le pavé
Couvre la voix flouée aux allées bohémiennes

Le chasseur aux aguets de la biche aux abois
Laisse l’oeil à sa larme à l’orée d’un espoir
Quand son fusil défait aux sources de l'émoi
Explose en gerbe tendre au baume de l’ivoire

L’océan embleui aux confins de ses rives
Etend son vague à l'âme autour de l’horizon
Le soleil et la lune en éclipse furtive
S’alanguissent au loin du ciel de la raison

Les songes chuchotés se glissent sous les draps
Poétiques fragments tissés de vers sincères
Par les rimes fondues d’ici en au-delà
Aux plumes des duvets flottant dans les éthers

Le miroir s’est cassé, le jour vient d’apparaître
Sur ces heures bercées de minutes trop brèves
Mais leurs paillettes d’or en débris font renaître
Des milliers de facettes … brillant d'éclats de rêves …

11 Lune et Soleil

Ambre / Chimay

11.1 Version originale

Que vois-tu donc la nuit sous ta lune jolie,
Quand j’attends le soleil au creux de mes nuits blanches ?
Est-il vrai qu’elle brille pleinement ou demie
Et qu’elle peut défaillir d’une éclipse trop franche ?

Apprends-moi à ta lune
Je serai ton soleil

Je la vois pleinement absorber nos envies
Quand fusent de son ombre nos silhouettes fluides
Et je la vois aussi s'évanouir à demi
Quand nos pulsions succombent à nos regards languides

Je veux être ta lune
Apprends-moi ton soleil

Je vois dans son ciel bleu un rayon d’indolence
Diffusant l’irraison de la nuit des amants
Pour souvenir mon âme au zeste d’insouciance
M’incitant à muser, rieuse, au firmament

Que fais-tu à ta lune
Quand je suis au soleil ?

Je me drape aux lueurs des étoiles flottantes,
L’espoir de te revoir fait danser leurs chandelles
Et je leur souffle aux joues ma flamme incandescente
Qui consume la nuit diamantée d'étincelles

Que fais-tu au soleil
Quand je suis à ma lune ?

Je me pare de l’or qu’il m’accorde en offrande
Pour que tu me croies reine du monde de l’amour
Et que tes lèvres aux miennes, avides et gourmandes
S’emparent en pirate de mes plus beaux atours

Attends-moi à ma lune
J’irai à ton soleil

Embrassons l’irréel pour nous rejoindre enfin
Mouvons en immuable nos rêves chimériques
De ton monde jusqu’au mien, allons de l’autre à l’un
Pour raviver l’aura des amours séraphiques

Je suis à ton soleil
Je t’attends à ta lune

Volons la voie lactée, fuyons vers nos demains
Les Cieux édifieront notre éclatante éclipse
Et nos astres enlacés déchaîneront leurs liens
Piégeant l'éternité pour la prendre en ellipse

11.2 Version retravaillée

Que vois-tu à ta nuit sous la lune jolie
Quand j’attends le soleil au creux de mes nuits blanches ?
Est-il vrai qu’elle luit entière ou à demie
Qu’elle peut défaillir d’une éclipse trop franche ?

Apprends-moi à ta lune
Je serai ton soleil !

Je la vois pleinement absorber nos envies
Quand de l’ombre ont fusé nos silhouettes fluides
Je la surprends aussi s'évanouir à demi
Quand se plient nos pulsions sous nos regards languides

Je veux être ta lune
Apprends-moi ton soleil !

Je vois dans son ciel bleu un rayon d’indolence
Diffusant l’irraison de la nuit des amants
Pour souvenir mon âme au zeste d’insouciance
M’incitant à muser rieuse au firmament

Que fais-tu à ta lune
Quand je suis au soleil ?

Je me drape aux lueurs des étoiles flottantes,
L’espoir de te revoir fait danser leurs chandelles
Puis je leur souffle aux joues ma flamme incandescente
Qui consume la nuit diamantée d'étincelles

Que fais-tu au soleil
Quand je suis à ma lune ?

Je me pare de l’or qu’il m’accorde en offrande
Que tu me croies la reine aux Iles de l'Amour
Que ta bouche corsaire à mes lèvres gourmandes
S’empare en flibustier de mes plus beaux atours

Attends-moi à ma lune
J’irai à ton soleil


Embrassons l’irréel pour nous rejoindre enfin !
Mouvons vers l’infini nos rêves chimériques !
Ton monde jusqu’au mien, allons de l’autre à l’un
Pour raviver l’aura des amours séraphiques !

Je suis à ton soleil !
Je t’attends à ta lune !

Volons la voie lactée ! Fuyons vers nos demains !
Les Cieux édifieront notre éclatante éclipse
Nos astres enlacés déchaîneront leurs liens
Piégeant l'éternité pour la prendre en ellipse !

12 La barque de l'amour

Ghislaine / Chimay

La barque de l’amour gondole vers l’enfer
Quand le gel est de cendre au virage des brumes
C’est l’esquif de velours aux dédales de lierre
Qui forge les sanglots de coups sourds sur l’enclume

A son bord l'âme sombre et cotonneuse
Aux souvenirs enchassés dans un ciel nébuleux
Accomplit le funeste voyage vers l’ensorceleuse
Dont le spectre glaçant les flots est maître des lieux

La barque de l’amour étrangle la lumière
Quand le voile est écran et sépare l'écume
Combien de ces folies a-t-elle assis sous pierre
Cette ombre en robe noire écrasée d’amertume

Elle a fait naître ces larmes pourpres au regard éteint vers le néant
Et plonger les amours ensevelis vers les abysses
Dans ce monde ébène où la mort lance son venin malfaisant
La barque de l’amour pourra t elle déjouer le maléfice

Car déjà le soleil s’enfuit sous l’horizon
Et les coeurs naufragés vers l’ouest qui s'éteint
Courrent sans s’arrêter au bord de la raison
Mais en vain l’astre d’or brûle ce qu’il étreint

Il perçe de ses rayons les ombres fuyantes et mystérieuses
Ne laissant planer que le froid et le souffle de la peur
Les souvenirs peuvent ils renaîtrent en cette vie ténébreuse
Sous les eaux glacées lancinantes et leurs cri qui demeurent

La nuit longue et sinistre étouffe le brouillard
L’elfe ne chante plus et la magie des fées
Se tait quand tout-à-coup un fin rayon d’espoir
Frappe leur dos transis d’une aurore dorée

Les ténèbres et la lumière auréolés d’une beauté diaphane
Eloignent l’océan ensanglanté et emportent les enfers
La barque d’amour esquisse un sourire au firmament et témoigne
Qu’un souffle trop pesant entraîne parfois un monde de chimères

C’est toujours du côté d’où tu ne l’attends plus
Qu’il jaillit du chagrin ce visage attendri
Pour déchirer la pluie d’un désir assidu
Il suffit d’un regard céleste et tout est dit

13 Dans la chaleur du crépuscule

Isa / Chimay

Le ciel azur serein commence à se dorer
Enflammant l’horizon de sa douce poitrine
Ainsi qu’un océan de désirs cadencés
Des vagues de braises haletantes l’animent

Les rayons du soleil commencent à se transformer
Illuminant ainsi le monde de ces douces couleurs
Faisant apparaître la blancheur de mon corps allongé
Les courbes de cette femme dormant dans la chaleur

Dans sa peau vallonnée son âme s’est glissée
Filet d’une fontaine claire et langoureuse
Des frissons trahissent sa voix tumultueuse
Au souvenir de quelques étreintes incontrôlées

Des sursauts la dénoncent, la peau frémissante
Ses songes tourment sa vie dès lors inexistante
Son visage de cire tel un mannequin de vitrine
Caractérise sa tristesse ainsi que sa douceur féline

L’onde de sa fièvre sous la soie se propage
L’obscurité complice embrume ses désirs
C’est un feu tamisé qui redevient sauvage
Un soleil intérieur qui brûle et qui transpire

Brûlant comme sa soif il se matérialise
Et la nuit entière mélange leurs ardeurs
N'était-ce qu’un rêve ? Pourtant à l’aube grise
Sur le lit saccagé flotte encor son odeur

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Auteur: chimay

Created: 2019-10-01 mar 12:35

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